Le vibe no-code de Softr avec Guillaume Duvernay
Dojo avec Guillaume Duvernay (builder chez Softr) sur l'évolution de la plateforme à l'ère de l'IA : démonstration de l'AI Cobuilder qui génère une application de gestion de webinaires (base de données, interfaces, permissions) à partir d'un seul prompt, puis approfondissement des workflows et des Vibe Coding blocks pour ajouter un moteur de recommandation d'intervenants — illustrant l'approche hybride entre no-code visuel et IA.
Stack technique
Outils utilisés
Résumé de la session
Pour ce dojo, Alexis reçoit Guillaume Duvernay, builder chez Softr qu'il a rejoint sept mois plus tôt après un parcours de growth marketer devenu créateur d'applications no-code et IA. Le sujet : l'évolution de Softr, un outil historiquement réputé accessible aux débutants, qui s'est transformé en plateforme complète à l'ère du vibe coding. Guillaume rappelle que la vision n'a pas changé — permettre aux personnes non techniques de créer du logiciel en entreprise — mais que le « comment » s'est enrichi. À la création visuelle manuelle (choisir et configurer des blocs) se sont ajoutées, en moins d'un an, les bases de données natives (proches d'Airtable), puis les workflows, et enfin l'IA. Softr couvre désormais le trio donnée / interface / logique au sein d'un seul outil, là où la stack classique combinait Airtable, Softr et Make.
La démonstration commence par l'AI Cobuilder, lancé environ un mois plus tôt. Guillaume dicte son brief à la voix (via Whisper Flow) : une application pour planifier des webinaires, avec des admins, des managers, une base d'événements et une base d'intervenants associables entre eux. L'outil pose une à trois questions de clarification (cycle de statut, multiplicité des intervenants, pages attendues), prend en charge par défaut l'authentification, propose d'activer ou non une page d'inscription, fait choisir l'emplacement de la barre de navigation puis un thème parmi une vingtaine. Guillaume insiste sur un point central de la philosophie Softr : la donnée est le point de départ. La base de données est modélisée et même remplie de données de test avant toute construction d'interface, ce qui lève un frein bien connu des développeurs (démarrer un projet sans données).
L'application se construit sous les yeux des spectateurs : les pages, blocs et boutons s'ajoutent en accéléré. Guillaume précise que ce sont des blocs Softr natifs (et non du code custom), donc tous éditables ensuite en mode visuel — un point qu'il juge crucial pour pouvoir reprendre la main. Le « Try it live » révèle une application propre : liste de webinaires filtrable, vue détail, gestion des intervenants, pipeline kanban, et une feature « Ask AI » activable d'un toggle. Guillaume montre ensuite l'édition : on peut tout reparamétrer manuellement, ou rouvrir le Cobuilder pour des modifications conversationnelles (ajout d'un export CSV, d'une page analytics). Il recommande de réserver l'IA aux changements substantiels et de faire les petits ajustements (renommer un label) à la main, pour économiser des crédits.
Une longue discussion situe Softr face aux outils de vibe coding pur. Lovable et Bolt écrivent du code à 100 %, créent une application from scratch avec ses dépendances ; Softr, lui, agence des blocs préexistants dédiés aux business apps et les connecte à une base de données native, dans un environnement entièrement cloud et assumé comme tel. Quant à Claude Code, Guillaume et Alexis insistent : c'est un outil exceptionnel mais qui impose de gérer l'hébergement, l'exécution locale, la base de données — réinventer la roue à chaque projet. Le cadre rigide de Softr offre en échange sécurité, stabilité et gestion fine des permissions, au prix d'une personnalisation plus limitée. Tous deux relativisent l'enjeu du design : dans un contexte professionnel, vouloir contrôler chaque pixel est souvent une perte de temps, et restreindre les options évite que l'utilisateur n'enlaidisse lui-même son application.
La seconde partie aborde la personnalisation avancée. Guillaume montre les charts (récemment refondus), les conteneurs multi-colonnes pour des pages plus riches, le bloc calendrier (mis en place en trois clics), puis le Vibe Coding block — la porte de sortie pour les besoins très custom (drag-and-drop, scanner de QR code, import CSV avec fuzzy matching des colonnes). Ce bloc expose du code React inspectable et copiable, que Guillaume stocke parfois dans Antigravity ou Claude Code pour aider ces agents à comprendre son SaaS Lokio (bâti sur Softr).
Le projet se termine par un moteur de recommandation d'intervenants combinant Vibe Coding block et workflow. Guillaume crée un webhook, anticipe le schéma JSON de la réponse (généré à la volée avec ChatGPT), puis monte un workflow qui liste les intervenants, les envoie à une IA en sortie structurée (structured output) et répond au webhook. Il choisit le modèle de l'étape IA — un avantage côté workflow, là où le Cobuilder utilise un modèle Anthropic imposé pour garantir que « ça fonctionne ». La session aborde enfin le pricing au nombre d'utilisateurs (point noir assumé à l'ère du vibe coding, mais standard du no-code) et le positionnement de Softr face à Airtable et aux concurrents.
La démonstration commence par l'AI Cobuilder, lancé environ un mois plus tôt. Guillaume dicte son brief à la voix (via Whisper Flow) : une application pour planifier des webinaires, avec des admins, des managers, une base d'événements et une base d'intervenants associables entre eux. L'outil pose une à trois questions de clarification (cycle de statut, multiplicité des intervenants, pages attendues), prend en charge par défaut l'authentification, propose d'activer ou non une page d'inscription, fait choisir l'emplacement de la barre de navigation puis un thème parmi une vingtaine. Guillaume insiste sur un point central de la philosophie Softr : la donnée est le point de départ. La base de données est modélisée et même remplie de données de test avant toute construction d'interface, ce qui lève un frein bien connu des développeurs (démarrer un projet sans données).
L'application se construit sous les yeux des spectateurs : les pages, blocs et boutons s'ajoutent en accéléré. Guillaume précise que ce sont des blocs Softr natifs (et non du code custom), donc tous éditables ensuite en mode visuel — un point qu'il juge crucial pour pouvoir reprendre la main. Le « Try it live » révèle une application propre : liste de webinaires filtrable, vue détail, gestion des intervenants, pipeline kanban, et une feature « Ask AI » activable d'un toggle. Guillaume montre ensuite l'édition : on peut tout reparamétrer manuellement, ou rouvrir le Cobuilder pour des modifications conversationnelles (ajout d'un export CSV, d'une page analytics). Il recommande de réserver l'IA aux changements substantiels et de faire les petits ajustements (renommer un label) à la main, pour économiser des crédits.
Une longue discussion situe Softr face aux outils de vibe coding pur. Lovable et Bolt écrivent du code à 100 %, créent une application from scratch avec ses dépendances ; Softr, lui, agence des blocs préexistants dédiés aux business apps et les connecte à une base de données native, dans un environnement entièrement cloud et assumé comme tel. Quant à Claude Code, Guillaume et Alexis insistent : c'est un outil exceptionnel mais qui impose de gérer l'hébergement, l'exécution locale, la base de données — réinventer la roue à chaque projet. Le cadre rigide de Softr offre en échange sécurité, stabilité et gestion fine des permissions, au prix d'une personnalisation plus limitée. Tous deux relativisent l'enjeu du design : dans un contexte professionnel, vouloir contrôler chaque pixel est souvent une perte de temps, et restreindre les options évite que l'utilisateur n'enlaidisse lui-même son application.
La seconde partie aborde la personnalisation avancée. Guillaume montre les charts (récemment refondus), les conteneurs multi-colonnes pour des pages plus riches, le bloc calendrier (mis en place en trois clics), puis le Vibe Coding block — la porte de sortie pour les besoins très custom (drag-and-drop, scanner de QR code, import CSV avec fuzzy matching des colonnes). Ce bloc expose du code React inspectable et copiable, que Guillaume stocke parfois dans Antigravity ou Claude Code pour aider ces agents à comprendre son SaaS Lokio (bâti sur Softr).
Le projet se termine par un moteur de recommandation d'intervenants combinant Vibe Coding block et workflow. Guillaume crée un webhook, anticipe le schéma JSON de la réponse (généré à la volée avec ChatGPT), puis monte un workflow qui liste les intervenants, les envoie à une IA en sortie structurée (structured output) et répond au webhook. Il choisit le modèle de l'étape IA — un avantage côté workflow, là où le Cobuilder utilise un modèle Anthropic imposé pour garantir que « ça fonctionne ». La session aborde enfin le pricing au nombre d'utilisateurs (point noir assumé à l'ère du vibe coding, mais standard du no-code) et le positionnement de Softr face à Airtable et aux concurrents.
Ce qu'on a appris
- La vision de Softr n'a pas changé — permettre aux non-techniques de créer du logiciel en entreprise — mais le no-code visuel manuel cohabite désormais avec une option IA. Les deux approches partagent les mêmes composants, et c'est à l'utilisateur de choisir : partir d'un template, de zéro, ou d'un prompt.
- La donnée est le point de départ d'une application, pas l'interface. L'AI Cobuilder modélise et remplit la base de données (données de test incluses) avant de construire la moindre page — un réflexe que trop de gens oublient en fonçant tête baissée dans l'UI.
- Générer des données de test dès le départ lève un frein bien connu : démarrer un projet sans données est inconfortable. Ce que les développeurs faisaient avec des librairies de fake data devient trivial à l'ère de l'IA.
- L'AI Cobuilder n'agence que des blocs Softr natifs, pas du code custom. C'est ce qui permet de tout rééditer ensuite en mode visuel : il faut vérifier que l'IA s'appuie sur les composants natifs pour conserver cette éditabilité.
- Softr prend en charge par défaut tout ce qu'on n'a pas besoin de « viber » pour une business app : authentification, page 404, flow mot de passe oublié, page 401. Les outils de vibe coding pur les oublient souvent (d'où les « start with Lovable » sur les liens cassés).
- Réserver l'IA aux modifications substantielles et faire les petits ajustements (renommer un label) à la main : chaque appel consomme des crédits, et ces micro-actions s'accumulent. La parité entre ce que l'IA fait et ce qu'on peut faire manuellement est un objectif assumé.
- Différence de nature avec Lovable et Bolt : ces outils écrivent du code à 100 % et créent une app from scratch avec ses dépendances. Softr agence des blocs préexistants et les connecte à une base native, en cloud assumé. Ce sont des manières de construire différentes.
- Claude Code est exceptionnel mais impose de gérer l'hébergement, l'exécution locale, le choix et l'administration de la base de données — réinventer la roue à chaque projet. « Claude Code pour tout le monde » est un fantasme de LinkedIn : beaucoup de gens ne peuvent tout simplement pas l'utiliser, et beaucoup de projets n'ont pas besoin de cette flexibilité.
- Le cadre rigide de Softr échange de la personnalisation contre de la sécurité et de la stabilité : RLS, connexions sécurisées et permissions gérées nativement, là où le vibe coding pur fait reposer sur l'utilisateur la responsabilité de vérifier que tout est safe.
- La gestion fine des permissions (quels groupes voient quels blocs, quels boutons) est le vrai use case n°1 des business apps — outils internes et portails clients. Peu d'outils permettent de gérer ces user groups aussi facilement.
- Les enjeux de design sont plus mesurés qu'on ne le croit en contexte professionnel : vouloir choisir chaque couleur est souvent du temps perdu. Restreindre les options (l'arbitrage du lead designer) évite les faux pas UX et empêche l'utilisateur d'enlaidir sa propre application — la priorité va à l'UX fonctionnelle, pas à l'UI.
- Les nouveaux blocs Softr (arrivés début 2025) sont modernes par défaut : moins d'options à configurer, mais vingt fois moins de temps passé par bloc. Une frustration initiale qui se transforme en confort.
- Le Vibe Coding block est la porte de sortie pour les 20 % de besoins très custom (drag-and-drop, scanner de QR code, import CSV avec fuzzy matching) : il expose du code React inspectable et copiable. Pour les 80 % restants, s'appuyer sur les blocs natifs éprouvés plutôt que les réinventer.
- Le code d'un Vibe Coding block peut être stocké pour alimenter le contexte d'un agent externe (Antigravity, Claude Code) : exporter ces blocs clés dans un dossier global aide l'agent à comprendre comment fonctionne le SaaS.
- Pour combiner IA et données, anticiper le schéma JSON de la réponse attendue (quitte à le générer avec ChatGPT) avant d'appeler un webhook : on doit savoir à quoi ressemblera la réponse pour pouvoir l'afficher. La sortie structurée (structured output) du workflow garantit ce format.
- Côté workflow, on choisit son modèle d'IA (Mistral, Gemini, OpenAI, ou les crédits Softr) parce que c'est l'utilisateur qui construit la logique qui tournera en production. Côté Cobuilder, le modèle est imposé (Anthropic) : c'est le rôle de Softr de garantir que « ça fonctionne ».
- Nettoyer le contexte donné à l'IA dans un workflow (retirer les champs inutiles d'un record avant de l'envoyer au modèle) économise des tokens et améliore la pertinence. Une optimisation simple a divisé par 5 le coût de la feature « Ask AI ».
- Construire un workflow visuellement prend peut-être deux fois plus de temps qu'un agent vibe coding pur (30 minutes au lieu de 15), mais donne un contrôle total et de la robustesse : on n'est pas dans une boîte noire, on voit et on édite tout — la logique de l'écosystème no-code.
- Les outils de vibe coding cloud sont contraints d'aller vite (cinq minutes pour un résultat sous peine de perdre l'utilisateur), ce qui les pousse à ne pas finir l'application — d'où des aspects systématiquement skippés (404, 401) qu'on ne remarque qu'après coup.
- Le pricing au nombre d'utilisateurs finaux est un point noir à l'ère du vibe coding (où ce modèle est rare) mais reste le standard du no-code. Le calcul pertinent : Softr remplace des licences SaaS coûteuses (Airtable, dealroom, HR, formulaires), et divisé par le nombre d'utilisateurs, on s'y retrouve.